jeudi 19 février 2015

Conversion du Personnage


La règle dans le théâtre classique était que le personnage, une fois défini, ne devait pas changer de caractère. Pour Aristote par exemple, les caractères prêtés aux personnages se doivent d’être conformes (à leur âge, à leur sexe… etc.), ressemblants au modèle historique au mythologique utilisé, et constants. Il est admis, cependant, que le personnage puisse se modifier, à condition que cela ne soit pas de façon incohérente et subtile.

    On considère même comme un bon principe que le personnage, dans l’action, se révèle à lui même, qu’il s’éveille et s’affirme dans l’évènement, acquérant une dimension insoupçonné au départ : c’est la situation classique du trouillard qui devient courageux, de l’égoïste qui devient généreux, ou du héros qui se forge dans l’épreuve, et dans le défi d’un danger qu’il n’a pas recherché au départ.

   Les seules conversions déconseillées sont celles qui surviennent arbitralement à l’improviste par une commodité pour le scénariste. Dans certains cas, l’absence d’une conversion, ou d’une modification chez un personnage qui vit une certaine expérience peut même légitimement apparaître comme une faute, et une paresse.

   Lessing l’auteur de la « Dramaturgie de Hambourg », cite l’avis d’un critique français qui reprochait à une pièce la « conversion subite » d’un personnage, conversion qui de ce fait n’est pas crédible et ressemble par trop à une commodité d’auteur.

   C’est en effet une facilité tentante, pour résoudre à peu de frais situation compliqué où l’on s’est embourbé, que de postuler chez un des personnages un changement d’avis et d’attitude : il ne voulait pas, il veut bien, il ne pensait qu’à son intérêt immédiat, il devient un altruiste modèle. Elle l’aimait, elle ne l’aime plus.

mardi 17 février 2015

Les personnages


  Le personnage est un élément majeur, il est le pivot de l’histoire, car selon Aristote l’homme ne peut exister sans histoire et vice versa. Cela dit, le personnage principal ou le Héros, est celui auquel nous nous identifions le plus, c’est le point de vue de l’audience. Selon les cultures et les pays, le héro est un demi-dieu, un surhomme ou tout simplement une personne courageuse capable d’affronter des obstacles pour parvenir à sa quête, si ce dernier ne correspond pas à ces critères en ayant une attitude lâche et dégonflé ce héros peut être qualifié d’antihéros. Dans la mythologie grecque, le héros est une personne proche de la divinité et de l’immortalité, voici quelques personnages qui ont marqués l’histoire des descendants d’Adam & Eve, et leurs caractéristiques.

- Ulysse : Roi d’Ithaque, fils de Laërte et d’Anticlée, il est marié à Pénélope dont il a un fils, Télémaque, c’est un humain et connu par sa métis.

- Hercule : Fils de Zeus et d’Alcmène, c’est un demi-dieu. Etant le plus apprécié dans la Grèce antique, il est connu pour ses « douze travaux » et son pouvoir surhumain.

- Achille : c’est un héros légendaire, vainqueur de la guerre de Troie, fils de Pélée, roi de Phthie en Thessalie, et de Thétis, son pouvoir : invulnérabilité, sauf sur son talon, sa faille.   

  Pour Syd Field, le personnage du film se définit en trois niveaux :

1 - Le niveau professionnel : Le point de départ de la caractérisation.

2 – Le niveau personnel : sa famille, ses amis…etc.

3 – Le niveau Intime : ses convictions, son moi et sa réflexion personnelle.

   Il ajoute que le personnage est le fondement du scénario, il faut le connaître avant même d’écrire un mot sur le papier. Il distingue également d’une part ce qui caractérise le personnage depuis sa naissance jusqu’au début de l’action, et qu’il appelle son intérieur, ce que d’ailleurs nomme Robert McKee : la caractérisation et d’autre part ce qui est révélé sur son compte pendant le déroulement de l’action depuis le début du film jusqu’à sa conclusion et qu’il appelle son extérieur, le caractère vrai, selon Robert McKee.

  Les auteurs de traités s’accordent pour dire que le personnage, surtout le personnage secondaire, doit donner une impression dominante, résumable en un mot : froideur, insolence, cynisme, compétence…etc. On peut aussi donner au personnage des traits et des tics caractéristiques, et dans certains cas … un secret.

   Le personnage principal du scénario doit être intéressant, échapper aux clichés, susciter réactions fortes, avoir un caractère qui permette un conflit fort avec des antagonistes, et posséder une certaine consistance.

   Les personnages doivent enfin être contrastés les uns par rapport aux autres, et se mettre mutuellement en valeur. C’est par leur comportement, non par ce qu’un narrateur dit à leur propos (cas du roman) que les personnages de cinéma se révéleraient. Le cinéma psychologiquement parlant, serait comportementaliste.

   Concernant l’antihéros dans le cinéma ou la littérature, ces des personnages qui obéissent à des principes dépréciés et dénigrés par la société sans souci moral, des caractéristiques contraire aux principes du célèbre code Hays des Etats-Unis par exemple. Ce type d’Héros provient de la marge de la société, c’est un personnage qui est parfois mal vêtu, décoiffé, sans valeurs moraux, ces descriptions peuvent être relever dans des films tels que : Taxi Driver (Travis Bickle), Le Parrain (Michael Corleone) ou encore Man on Fire de Tony Scott. Prenant l’exemple du film Man on Fire, le personnage principal John Creasy joué par l’acteur Denzel Washington, est un personnage avec un passé sombre, c’est un ex agent de la CIA, qui est devenu alcoolique et dépressif, à l’aide de son ami Paul Rayburn, il parvient à lui décrocher un job de garde du corps pour une famille bourgeoise à Mexico, afin d’empêcher un éventuel kidnapping de leur fille Pita. Au début le personnage principal exerce son métier avec froideur, et essaye maintes fois de se donner la mort mais sans succès, car cet homme au caractère dur finit par s’attacher à la petite Pita . Et c’est lorsque la petite fille se fera kidnapper qu’il décidera de lui porter secours et de se sacrifier pour elle plutôt que de se suicider.
 Le choix de l’antihéros dépend donc de la conviction du scénariste par rapport à l’histoire, et sa valeur a ajouté dans l’intrigue du film.
  
    Afin de mettre en œuvre son personnage, il faut tout d’abord connaître le passé de chaque personnage, car c’est en connaissant leur passé que l’on pourra révéler le présent et le futur de ces derniers. Syd Field divise la vie du personnage en deux parties : La vie interne et la vie externe.

    Lorsqu’on parle de la vie interne du personnage, il est question de la vie menée par le personnage depuis sa naissance jusqu’au début du film. La vie externe quant à elle, commence à partir du début du film, et se développe au fur et à mesure que le film progresse et s’arrête là où s’achève le film.

    Pour éviter toute faille dans le scénario, il est important de bien construire son personnage, cela avec des questions comme : De quoi le personnage a t-il le plus peur ? Quels sont ses fantasmes ? Eprouve t-il de la haine ? Est-ce un fanatique religieux ? Bref, des questions que le scénariste doit se demander pour mieux adapter son personnage au monde qu’il lui a créé.

lundi 16 février 2015

Le Schéma Actantiel selon Syd Field


Le paradigme de Field : on désigne par ce terme le modèle d’articulation globale interne du scénario énoncé par Syd Field. Considérant le terme paradigme comme synonyme de celui d’idée au sens platonicien. Syd Field propose donc de considérer que tout scénario se construit selon une structure de base que l’on peut retrouver, quelle que soit l’œuvre, bien qu’il ne s’en réclame pas explicitement, il est évident qu’avec ce paradigme, Field se situe en droite ligne dans l’héritage aristolicien. «  Si nous pouvions prendre un scénario, le mettre à plat et le suspendre au mur pour l’examiner comme un tableau, cela ressemblerait à ce diagramme :
  Dans ce schéma on constate que Syd Field a réparti le diagramme en trois phases : L’exposition, le développement, et la résolution. On peut très bien voir que à la fin de chaque phase existe ce qu’on appelle Charnière Majeure ou Nœud dramatique Majeur et enfin le Climax. Au niveau du personnage principal dans ce schéma, à la scène d’exposition le protagoniste dispose d’un caractère qui l’identifie et le caractérise au sein de son entourage dans la scène d’exposition, mais après l’incident déclencheur majeur ou le nœud dramatique majeur, le personnage principal bascule du caractère au caractère vrai qui va le suivre tout au long de sa quête dans le film jusqu’au dénouement où le personnage va finalement atteindre son objectif qui est de sauver sa fille kidnappée par exemple, dans cette phase, le personnage principal retrouvera son caractère initial. Mais qu’est ce qu’un caractère vrai ? Le caractère vrai ne peut être exprimé qu’à travers un choc lors d’un dilemme. La façon dont une personne choisit d’agir dans un mouvement de tension révèle qui il est vraiment. Plus la pression est grande, plus le choix du personnage sera vrai et profond.

Qu’est ce qu’un Scénario ?


Un scénario ou scénarii est un document destiné à être filmé et vu par des spectateurs, ce n’est en aucun cas un texte littéraire ou poétique, mais c’est un texte écrit d’une manière visuelle, il sera déchiffré par plusieurs entités professionnelles dont les besoins sont différents.

Pour cela il faut une idée initiale : un déclic, une émotion, un rêve ou une inspiration, qui vont se développer pour donner l’idée directrice (Domaine Intellectuel) qui est un récit, un développement de l’idée initiale. En tenant compte de l’intrigue, des protagonistes, de leurs caractérisations, et de la narration, tout en respectant le schéma actantiel. 

dimanche 15 février 2015

Mais comment raconter une bonne histoire ?


Une histoire est un récit qui vaut la peine d’être raconté et que le monde désir d’entendre, pour cela, il vous faudra du talent et une connaissance approfondie des personnages et de la société. Le meilleur moyen d’exprimer ses idées est par l’intermédiaire de l’histoire, il reste à maitriser certaines valeurs qui vont garantir l’accroche de votre audience en s’appuyant sur :

- La procuration du plaisir :
  * Une histoire bien racontée procure de la joie et du plaisir.
* Elle met l’esprit de l’auditeur en bonne condition.
* Elle doit nourrir l’esprit, le tenir en éveil.
* L’histoire doit d’abord procurer du plaisir, l’instruction vient après.




-       L’histoire développe l’esprit :
·      Elle stimule l’imagination.
·      Elle permet d’ouvrir des horizons nouveaux, surtout quand l’histoire est racontée se passe dans un autre pays.

  Raconter une histoire est un acte humain, elle est en tête de la hiérarchie des moyens du divertissement, c’est un acte humain, qui vient du besoin de raconter un fait et de le partager avec autrui, c’est un acte quotidien, les gens ne cessent de raconter leurs vies, leurs expériences, et leurs angoisses … il est crucial de mettre ces éléments en sa possession, plus l’histoire est garnie d’amour et de vérité, de conséquence néfaste, et des sentiments de sympathie ou d’antipathie, que l’audience éprouvera plus l’histoire suscitera un intérêt envers ce dernier.
 
   J’ajoute un exemple de Robert McKee qui englobe le sens de maîtriser des éléments de la narration : De même que le compositeur doit exceller dans le principe de composition musicale, vous devez maîtriser les principes correspondants de la composition narrative. Cet art ne repose ni sur des procédés mécaniques, ni sur des trucs. Il s’agit de l’ensemble des techniques grâce auxquelles nous créons une conspiration d’intérêt entre nous et le public. L’art de l’écriture de scénario correspond à la somme totale de tous les moyens utilisés pour attirer le public profondément, conserver son intérêt et le récompenser en lui offrant une expérience touchante et pleine de sens.

  Tout auteur ne maîtrisant pas cet art, se contentera de prendre la première idée qui lui passera par la tête. Il sera alors désespéré lorsqu’il s’apercevra qu’il est incapable de répondre aux questions tant redoutées : Est ce bon ? Est ce nul ? Si c’est nul que doit-je faire ? L’esprit conscient s’accroche alors à ces horribles questions et bloque l’inconscient. Mais que lorsque l’esprit conscient s’efforce de mettre en œuvre un savoir faire, alors la spontanéité refait surface. Le fait de maîtriser les techniques libère l’inconscient.

Pour conclure un bon scénariste doit savoir gérer la relation entre l’histoire et la vie, et adopter l’idée que : l’histoire est la métaphore de la vie. Et comme son personnage, il est  toujours en quête d’un objet de désir, le scénariste a aussi son objet de désir qui est d’écrire une histoire qui soit bien racontée, afin que le producteur désire de produire et l’acteur désire de jouer et que le spectateur désire de voir.
 
 
« Une histoire, si elle veut être grande et se perpétuer, doit toucher chacun de nous. L'étrange, l'étranger ne nous touchent pas. Nous voulons des faits profondément personnels et familiers.»
  
J. Steinbeck. A l’est d’éden

Qu’est ce qu’une histoire ?


Une histoire est un récit des faits et évènements du passé racontés par des hommes, l’histoire existe à partir de source qui vont servir à crédibiliser le sens de ce dernier. Mais existe t-il des types d’histoire en matière de scenario ?

Une histoire est archétype au moment où l’on puise de l’expérience humaine universelle, autrement dit, même si le personnage de cette histoire semble différent et méconnue de notre culture, nous serons impliqués humainement, partager ses angoisses, ses désires, ses joies…etc.

Quant à l’histoire stéréotypée son contenu et sa forme sont d’une très grande pauvreté, c’est une histoire qui est plate, non spécifique, dédié à une culture précise, qui traite des clichés, que seul un brésilien comprendra, si l’histoire se passe au Brésil.

Construire un Récit


Le récit est une narration de faits inventés ou réels,  et une succession d’événements racontés. Pour qu’il y ait récit, il faut que la réalisation : en direct ou différé : témoigne des événements, se déroule dans un certain ordre : cette définition convient au texte, à la parole et à l’image.

La logique narrative est une succession d’événements qui a comme rôle de structurer l’enchainement de ces événements là, cette logique narrative est linéaire car elle est censée accaparer l’attention du spectateur pendant une fraction de temps qui se déroule comme un trajet entre un départ et une arrivée. Entre ces deux points se développe une action principale et des actions secondaires qui interfèrent avec la première ; il est important que l’action principale soit rapidement perçue comme telle que les actions secondaires ne viennent pas perturber sa compréhension.

  Le non-respect de cette hiérarchie produit les récits confus, un des méthodes les plus simples pour ne jamais oublier cette distinction entre l’essentiel et l’accessoire est un dessin simplifié connu des spécialistes sous le nom de « schéma actantiel » dans cette structure élémentaire mais universellement connue, les actions secondaires sont dévolues aux adjuvants ou alliés du héros ainsi qu’à ses opposants adversaires.

En général, l’action principale est une quête, ou une conquête, facilitée par les alliés et contrariés par les ennemis. De l’épopée médiévale au néo polar américain en passant par les mythes, les légendes amoureuses ou guerrière, 90 % des fictions littéraires et cinématographiques sont construites sur ce modèle, facile à mémoriser.

samedi 14 février 2015

Les étapes qui précédent l’écriture du scénario


Avant de répondre à la question qu’est ce qu’un scénario, il est nécessaire de dévoiler les étapes qui précèdent l’écriture du scénario, et qui sont l’origine même de chaque discipline artistique à savoir : l’inspiration.

   Dans le domaine de l’écriture scénaristique, l’inspiration est connue sous le nom de « l’Idée Initiale » qui est un déclic, un besoin de créer, car l’être humain est plein d’émotion, de fantasme, ou de pulsion… cet idée est ce qui suscite le désir de l’auteur de créer une histoire, cet idée naît dans le mental de l’auteur, et le fait de la concrétiser reste une autre étape qui est : « l’Idée Directrice » qui est en quelque sorte le  premier jet du scénario, où le scénariste doit penser au niveau intrigue qui entre autre la narration, le discours et comment raconter, et protagoniste : le personnage doit avoir une caractérisation, un statut social, un habillage humain et aussi un présent, un passé et un futur, le thème est la problématique à laquelle s’inscrit le film, et le prolongement doit susciter une réaction sociale ou politique chez le public.





 Il faut savoir que l’idée initiale est modifiable, car le scénariste peut trouver une autre inspiration, tout en gardant le même concept de la première .L’idée initiale donc n’est pas biblique, mais au contraire elle évolue selon les capacités créatives de l’auteur.