La règle dans le théâtre classique était que le personnage,
une fois défini, ne devait pas changer de caractère. Pour Aristote par exemple,
les caractères prêtés aux personnages se doivent d’être conformes (à leur âge,
à leur sexe… etc.), ressemblants au modèle historique au mythologique utilisé,
et constants. Il est admis, cependant, que le personnage puisse se modifier, à
condition que cela ne soit pas de façon incohérente et subtile.
On considère même comme un bon principe
que le personnage, dans l’action, se révèle à lui même, qu’il s’éveille et
s’affirme dans l’évènement, acquérant une dimension insoupçonné au
départ : c’est la situation classique du trouillard qui devient courageux,
de l’égoïste qui devient généreux, ou du héros qui se forge dans l’épreuve, et
dans le défi d’un danger qu’il n’a pas recherché au départ.
Les
seules conversions déconseillées sont celles qui surviennent arbitralement à
l’improviste par une commodité pour le scénariste. Dans certains cas, l’absence
d’une conversion, ou d’une modification chez un personnage qui vit une certaine
expérience peut même légitimement apparaître comme une faute, et une paresse.
Lessing l’auteur de la « Dramaturgie de Hambourg », cite
l’avis d’un critique français qui reprochait à une pièce la « conversion
subite » d’un personnage, conversion qui de ce fait n’est pas crédible et
ressemble par trop à une commodité d’auteur.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire